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Acupuncture et douleurs liées aux anti-aromatases dans le cancer du sein

Dans le cadre de ce travail, les auteurs ont teinté d’évaluer l’intérêt de l’utilisation de l’acupuncture chez des patientes atteintes de douleurs musculo-articulaires après un traitement par anti-aromatase donné pour un cancer du sein.

Alors que l’acupuncture est une technique ancestrale, son efficacité fait débat et les preuves tardent à venir. Cependant, à l’heure où la méfiance envers les médicaments augmente, de nombreuses équipes s’intéressent à ces concepts lorsque la médecine conventionnelle se trouve dans des impasses.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont utilisés comme hormonothérapie en traitement adjuvant lors d’un cancer du sein chez certaines patientes ménopausées. En raison de sa mauvaise tolérance, à type de douleurs articulaires notamment, ce traitement induit des difficultés d’observance notables qui en réduisent l’efficacité.
L’objectif de cette étude, publié le 10 juillet 2018 dans le JAMA, a été d’étudier l’effet de l’acupuncture sur la réduction des douleurs articulaires lors d'un traitement par anti-aromatase.

Trois groupes : acupuncture, fausse acupuncture et aucune intervention

De mars 2012 à février 2017, 226 patientes ont été recrutées pour participer à cet essai multicentrique, randomisé, si elles souffraient alors de douleurs, évaluées par le score Brief Pain Inventory–Short Form (BPI-SF ; score entre 0, pas de douleur, et 10, douleur la plus importante imaginable) avec un seuil d’inclusion supérieur à 3, et qu’elles bénéficiaient d’un traitement par anti-aromatase pris depuis plus de trente jours pour un cancer du sein.

Les patientes ont été sériées au hasard en trois populations : un groupe traité par acupuncture, le deuxième relevant d’une fausse acupuncture (aiguilles différentes, stimulations de points non particuliers, traitement spécifiques des douleurs articulaires) et un groupe témoin (aucune intervention). L’intervention déterminée a été de douze séances de 30 à 45 minutes réparties sur six semaines, puis une séance par semaine pendant six semaines.

acupuncture
Crédit image Iroises communication.

Le critère de jugement principal utilisé dans cette étude a été le niveau maximal atteint par le score BPI-SF après six semaines de traitement. Une réduction de deux points sur l’échelle BPI-SF de chaque patient a été considérée comme étant significative sur le plan clinique.

Selon les résultats, une réduction de 2,05 points a été objectivée pour le groupe pris en charge par acupuncture ; elle a été de 1,07 points dans le groupe fausse acupuncture et de 0,99 points dans le groupe sans traitement (soit p = 0,02, entre vraie et fausse acupuncture, avec intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,20-1,65 et p = 0,01, entre vraie acupuncture et absence de traitement, avec IC : 0,24-1,67).

Les limites inhérentes à ce type d’étude, comme l’absence de double aveugle ou l’évaluation très précoce des données (après six semaines seulement), grèvent les perspectives de ces conclusions et elles incitent à réaliser de nouveaux essais afin de confirmer ces premiers résultats.

Paul Desforges
8 septembre 2019

- Hershman DL, et al. Effect of Acupuncture vs Sham Acupuncture or Waitlist Control on Joint Pain Related to Aromatase Inhibitors Among Women With Early Stage Breast Caner : A Randomized Clinical Trial JAMA. 2018 Jul 10;320(2):167-176.