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PRÉ-ÉCLAMPSIE

 un gain de temps diagnostique grâce aux facteurs de croissance placentaire ?

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L’hypertension artérielle affecte 10 % des femmes enceintes. La pré-éclampsie complique environ 3 % des grossesses simples et la mesure du facteur de croissance placentaire pourrait en permettre un diagnostic plus précoce.

Le diagnostic de pré-éclampsie (PE) repose sur des arguments cliniques subjectifs (pression artérielle supérieure à 140-90 mm Hg et protéinurie à la bandelette urinaire) et pas toujours reproductibles. L’ambiguïté diagnostique qui en découle mène souvent à des rendez-vous médicaux répétés, à des soins exagérés et à une anxiété importante des patientes.
Il est connu que les facteurs angiogéniques sécrétés par le placenta ischémique d’une patiente pré-éclamptique sont associés à la physio-pathologie de la PE. Ils apparaissent en général plusieurs semaines avant les signes cliniques et pourraient présenter un intérêt dans la prédiction de survenue d’une PE.



Crédit image : Iroises communication Source : fotomelia.com

Le but de cet essai randomisé multicentrique a été de déterminer en quoi la mesure du PlGF (placental growth factor : facteur de croissance placentaire maternel) circulant associée à un algorithme de diagnostic clinique pouvait diminuer le temps de confirmation d’une PE chez des patientes suspectes.
Les femmes éligibles avaient plus de 18 ans, étaient suspectes de PE, entre 20 semaines d’aménorrhée (SA) et 36+6 SA, avec une grossesse monofoetale évolutive.
Le critère de jugement principal a été le temps en jours nécessaire entre la suspicion clinique de PE et sa confirmation diagnostique.

Une baisse de 64 % du délai du diagnostic en utilisant la mesure du facteur de croissance placentaire

Ainsi, onze maternités du Royaume-Uni ont été divisées en blocks, soumis les uns après les autres aux « soins usuels » (le PlGF était dosé, mais caché aux patientes et aux cliniciens qui ne s’appuyaient que sur les critères cliniques : pression artérielle et bandelette urinaire). Puis chaque block a reçu « l’intervention », c’est-à-dire la révélation des résultats du dosage de PlGF aux équipes médicales, avec incorporation de cette donnée à un algorithme clinique de diagnostic.

Une diminution du temps de confirmation diagnostique de PE de 2,2 jours dans le groupe où les résultats de PlGF ont été dévoilés a été mise en évidence, soit une réduction de 64 % du délai de diagnostic par rapport à celui où ils ont été maintenus cachés (p = 0,027, intervalle de confiance à 95 % [IC] = 0,15-0,87).
Des critères de jugement secondaires composites, tels que les évènements indésirables graves maternels (plus fréquents dans le groupe où le PlGF avait été caché : 5 % versus 4 % ; odds ratio = 1,3 ; IC = 0.11-0.96 ; p = 0.043) et fœtaux (pas de différence significative entre les deux groupes) ont été analysés mais ils nécessitent d’être évalués en tant que critère de jugement principal pour être interprétés.

Ainsi, le dosage de facteurs de croissance placentaire circulants tels que le PlGF semble être une piste intéressante quant à l’amélioration du délai diagnostique de PE. Cependant, plus d’études semblent nécessaires avec l’évaluation d’un critère de jugement principal dur tel que la mortalité maternelle/fœtale afin de pouvoir en tirer des conclusions en pratique clinique.

Marion Aupomerol
15 juillet 2019


Duhig KE, et al. Placental growth factor testing to assess women with suspected pre-eclampsia: a multicentre, pragmatic, stepped-wedge cluster-randomised controlled trial. The Lancet 2019;393/10183:1807-18. DOI:https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)33212-4


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