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INFECTIOLOGIE

Pas de frontière pour la leptospirose

La leptospirose est une zoonose bien connue des zones tropicales. L’incidence en France métropolitaine de cette maladie, potentiellement mortelle et essentiellement transmise par les rongeurs, augmente.

Les résultats d’une étude récente ont permis d’établir un état des lieux concernant cette infection bactérienne méconnue en métropole.


Leptospira.
Source image : Janice Haney Carr, Rob Weyant, USCDCP - Pixnio.


Les objectifs de l’étude LEPTOREA, publiée le 25 octobre 2019 dans Intensive Care Medicine, étaient d’identifier l’incidence, les facteurs de risque, les différentes présentations cliniques ainsi que les facteurs prédictifs d’une infection grave à leptospires.
Dans le cadre de cette étude rétrospective multicentrique, conduite avec 79 services de réanimation en France métropolitaine, les auteurs ont inclus 160 patients, entre janvier 2012 et septembre 2016, ayant un diagnostic attesté de leptospirose grave (la notion d’infection grave étant définie par l’admission du patient atteint dans un service de soins intensifs).

Une incidence faible mais croissante en France métropolitaine

Les résultats de ce travail ont mis en évidence une incidence de la maladie atteignant 0,04 % de la totalité des patients hospitalisés en soins intensifs (394 patients hospitalisés dont 160 en réanimation, principalement en août, septembre et octobre).

Le tableau clinique typique associait la fièvre, des myalgies, un ictère et une asthénie franche avec, sur le plan biologique, une thrombopénie (taux inférieur à 100 G/L dans 88,5 % des cas).
Quatre phénotypes ont été identifiés : une forme de gravité modérée avec des répercussions organiques moins fréquentes et le meilleur pronostic vital (n = 34 ; 21 %), une forme hépato-rénale (n = 101 ; 63 %), un tropisme neurologique avec les atteintes les plus graves et le taux de mortalité le plus élevé (n = 8 ; 5 %) et une forme respiratoire avec des hémorragies pulmonaires (n = 17 ; 11 %).

Dans 56 % des cas, un contact avec un animal a été noté (dont 31 % avec un rongeur) et dans 65 % des cas, une activité à « haut risque » de leptospirose a été relatée (baignade en rivière, lac ou étang).

Un retard diagnostique trop fréquent

Le diagnostic n’a été suspecté à l’arrivée du patient que dans 8 % des cas seulement, ce qui constitue un enseignement intéressant. Cependant, devant la gravité du tableau initial, une antibiothérapie large spectre a été instaurée (avec, par conséquent, un spectre efficace d’emblée contre la leptospirose).

En dépit d’une incidence relativement faible mais grandissante en France métropolitaine, la leptospirose est une maladie grave (la mortalité observée a été de 9 % au cours du suivi) imposant un diagnostic précoce.

Paul Desforges
10 01 2020

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