MediaMed



MediaMed - menu

ANESTHÉSIE - RÉANIMATION


Coronarographie après arrêt cardiaque : état des lieux
MediaMed Informations en anesthésie

L’infarctus du myocarde est la principale cause d’arrêt cardiaque extra-hospitalier [1]. La première phase, dite de réanimation cardio-pulmonaire, préconise un massage cardiaque externe immédiat et continu avec une place pour l’adrénaline qui est, par ailleurs, remise en question [2].
Alors que les experts s’accordent sur l’indication de la réalisation en urgence d’une coronarographie lors d’un arrêt cardiaque avec sus-décalage du segment ST à l’électrocardiogramme, un doute subsiste toujours concernant le délai optimum en l’absence de sus-décalage du segment ST.


Coronarograhie - Crédit image : Iroises communication. Source : Media Space Plus.

Les auteurs d’une étude, publiée le 18 mars 2019 dans le New England Journal of Medicine, se sont intéressés aux patients ayant eu un arrêt cardiaque sans sus-décalage du segment ST [3].
Dans le cadre de cet essai hollandais multicentrique, contrôlé et ouvert, 552 patients, ayant eu un arrêt cardiaque (avec rythme choquable) récupéré, ont été répartis au hasard en deux groupes. Un premier groupe de 273 patients a bénéficié d’une coronarographie dans les deux heures suivant la randomisation (groupe traitement immédiat) alors que, pour le second groupe de 265 patients, la procédure a été effectuée après le retour à un état de conscience (soit généralement après la sortie de réanimation : groupe traitement retardé).

Une survie similaire que la coronarographie soit précoce ou retardée

Le critère de jugement principal (CJP) a été la survie à 90 jours alors que critères de jugements secondaires ont évalué la survie à 90 jours selon l’état neurologique et la défaillance cardiaque.
Les résultats de cette étude mettent en évidence l’absence de différence significative entre les deux groupes concernant le CJP (mortalité à 90 jours de 64,5 % dans le groupe traitement immédiat versus 67,2 % dans le groupe traitement retardé ; odds ratio : 0,89 avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,62-1,27 ; p = 0,51).

Un défaut de puissance statistique ?

Afin d’expliquer ces résultats, il peut être intéressant de noter qu’une occlusion coronarienne n’a été notée que dans 5 % des cas et que la majorité des patients avaient une artériopathie stable (environ 65 % d’entre eux). Par ailleurs, une des explications avancées par J. S. Lemkes et al. pourrait être que la majorité des décès après un arrêt cardiaque ressuscité sont attribuables à une cause neurologique.

De plus, la survie estimée a priori était de 45 % dans le groupe traitement immédiat et de 32 % dans le groupe traitement retardé et la survie a posteriori a été de 65 % environ. Cet événement, beaucoup plus fréquent en définitive que selon les prévisions, pourrait objectiver un défaut de puissance statistique susceptible de contribuer à expliquer l’absence de différence entre les deux groupes.
De nouvelles études permettront de répondre à ces questions à l’avenir.

Paul Desforges
02 11 2019

Bookmark and Share

Sources

Voir aussi ➡️
Coronarographie post-infarctus : faut-il traiter uniquement la lésion causale ou toutes les lésions ? (CULPRIT-SHOCK)



Les pages professionnelles MediaMed Pages Professionnelles
Informations santé
Informations public