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PSYCHIATRIE


Traumatisme crânien : un risque après le stade critique
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Les patients traumatisés crâniens nécessitent une surveillance particulière lors de leur admission à l’hôpital.

L’urgence est, d’une part, le diagnostic précoce de complications pouvant engager le pronostic vital à court terme et, d’autre part, le contrôle des agressions cérébrales secondaires d’origine systémique. Passés les premières semaines et l’état critique, les patients traumatisés crâniens peuvent être victimes de troubles psychiatriques pouvant mener jusqu’au suicide.


Crédit image : unsplash-logoLeonardo Yip

Dans le cadre de cette étude danoise, publiée le 14 aout 2018 dans le JAMA, les auteurs se sont intéressés au risque de suicide chez des patients avec un antécédent de traumatisme crânien (TC). Pour effectuer cette étude de cohorte rétrospective, 7 418 391 participants ont été inclus à partir du 1er janvier 1980 (toute la pomulation danoise âgée de plus de dix ans) avec un suivi jusqu’au décès ou jusqu’à la date de sortie du pays ou jusqu’au 31 décembre 2014 (date de fin de l’étude). L’objectif de ce travail a été de déterminer s’il existait un lien entre TC et décès par suicide, en analysant les registres des décès.

Une association significative entre traumatisme cranien et risque de suicide

Parmi les sujets de l'étude, 567 823 patients ayant présenté un épisode de TC ont été identifiés, dont 423 502 avec un diagnostic de TC léger à type de contusion (soit 5,7 % de la population), 24 221 avec une fracture de la boite crânienne sans autre TC (soit 0,3 % de la population), et 120 100 avec un TC grave à type de lésions cérébrales (soit 1,6 % de la population). Concernant le critère de jugement principal, le risque absolu de suicide après un contact à l’hôpital pour TC a été de 40,6 pour 100 000 personnes-années (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 39,2-41,9). A contrario, le risque absolu de suicide a été de 19,9 pour 100 000 personnes-années dans le groupe sans contact à l’hôpital pour un TC (IC : 19,7–20,1). Ainsi, le risque relatif d’incidence (RRI) du suicide ajusté dans cette étude a été de 1,90 (IC : 1,83-1,97). De plus, cette étude a objectivé un risque de suicide d’autant plus important que le TC était grave (RRI : 2,38 %, 2,01 % et 1,81 %, pour les groupes lésions cérébrales, fracture boite crânienne sans autre TC et TC léger, respectivement).

Malgré les nombreuses limites inhérentes à ce type d’étude (changement des pratiques pendant l’étude, cas de TC non répertoriés de manière exhaustive avant 1995, pas d’informations sur les traitements reçus), il semble exister une association statistique significative entre le TC et le risque de suicide secondaire.

Paul Desforges
01 06 2019

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