MediaMed G - Des pages ouvertes à tousTraitement hormonal substitutif et risque de cancer


Les responsables de l'association française d'études sur la ménopause (AFEM) réunis à Paris, le 17 février 2000 se sont efforcés de juguler l'émotion suscitée par la publication dans le Journal of The American Medical Association (JAMA) des résultats d'une étude américaine récente montrant que les traitements hormonaux à base d'oestrogènes et de progestérone entraînent un risque accru de cancer du sein.

L'étude concernée, dirigée par le Dr Catherine Schairer, de l'Institut du cancer, à Rockville (Maryland), a porté sur 46 355 femmes ménopausées suivies médicalement entre 1980 et 1995. Sur ce total, 2 082 cas de cancer du sein ont été détectés. Les chercheurs ont constaté que le risque de cancer du sein est de 20 % plus important pour les femmes suivant depuis moins de quatre ans un traitement à l'oestrogène par rapport à celles non traitées.

La France compte environ 10 millions de femmes ménopausées dont la moitié ont plus de 65 ans. Actuellement, plus de 1,7 million bénéficient d'un traitement hormonal substitutif de la ménopause. Le nombre des femmes traitées augmente régulièrement. En 1999, selon les responsables de l'AFEM, le nombre de traitements hormonaux prescrits a augmenté de 8 %.

"Pour les femmes de 50 ans non traitées pour la ménopause, le risque d'être victimes d'un cancer du sein est de 45 pour 1000 et, si elles se traitent, ce risque monte à 47 pour 1000 au bout de cinq ans, à 51 au bout de 10 ans et à 57 après 15 ans de traitement. (...) Il est important de préciser que l'augmentation du risque disparaît deux à cinq ans après l'arrêt du traitement, ce qui confirme l'hypothèse que les hormones n'ont pas la propriété de créer de toutes pièces un cancer", a précisé le Pr Henri Rozenbaum, fondateur du premier centre français de traitement de la ménopause.

Les spécialistes de la ménopause ont en outre souligné que les résultats de l'étude américaine montraient que l'élévation du risque ne s'observait qu'avec les dérivés de la testostérone, couramment utilisés aux Etats-Unis et en Europe, mais pas en France où les produits majoritairement employés pour traiter les effets de la ménopause (troubles de l'humeur, bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, ostéoporose), sont des dérivés de la progestérone. "Pour ces produits, il n'a pas été noté d'augmentation du risque de cancer du sein, même après cinq ans de traitement", a insisté le Pr Rozenbaum. Les bénéfices d'un traitement hormonal sont largement supérieurs aux risques encourus, notamment cardio-vasculaires, a en outre rappelé le gynécologue David Elia.

Source Dépêche AFP17/02/2000 Risque de cancer lié au traitement de la ménopause: les gynécologues rassurent PhC-MEC/pc/bfa

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Sur FemiWeb un édito, un article sur l'étude elle-même et, une actu sur les SERM.


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