NEUROLOGIE
INFORMATION
PROFESSIONNELLE
LES
COMPLICATIONS NEUROLOGIQUES PRECOCES APRES MANIPULATIONS SONT
RARISSIMES
Soixante-quatre cas d'ischémie cérébrale après
manipulations, non publiés, ayant fait l'objet d'une demande de
réparation et donc d'une expertise, sur une période de seize
ans au Canada et aux Etats-Unis, ont été analysés. Parmi
les patients, 64 % étaient des femmes, l'âge moyen était
de 36,3 ± 6,1 ans (de 24 à 53 ans). Les motifs de
manipulation ont été les suivants: céphalées
(77 %), cervicalgie (91 %), douleur d'un membre supérieur
(25 %), douleur dorsale (23 %), lombalgie (25 %) et douleur
d'un membre inférieur (8 %). Les troubles neurologiques sont
survenus immédiatement ou dans les 48 heures suivant la manipulation
pour 94 % des patients. Les patients ont été traités
par anticoagulants (55 %), aspirine (16 %) ou n'ont pas été
traités (30 %). La comparaison des facteurs de risque par rapport
à la population générale n'a pas permis de mettre en
évidence un facteur prédisposant. Ces complications neurologiques
demeurent rarissimes (leur incidence est évaluée entre 1/500
000 et 1/3,85 millions de manipulations cervicales). Ainsi, l'interrogatoire
et l'examen clinique conduits avec rigueur ne permettent pas d'identifier
de facteurs de risque de survenue d'un accident vasculaire
cérébral.
Henri Gracies
Haldeman S, Kohlbeck FJ, McGregor M. Unpredictability of cerebrovascular
ischemia associated with cervical spine manipulation therapy. A review of
sixty-four cases after cervical spine manipulation.
Spine
2002;27:49-55.
LE
ZONA OPHTALMIQUE
Le virus
varicelle-zona (VZV) est responsable de la maladie réalisant une
ganglioradiculite postérieure par atteinte du ganglion de Gasser.
Les manifestations oculaires s'y rencontrent une fois sur deux, dominées
par les kératites et les uvéites antérieures, pouvant
compromettre la fonction visuelle, faisant la gravité de cette affection
fréquente.
Henri Gracies
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SEP : ASSOCIATION INTERFERON
- CYCLOPHOSPHAMIDE
Dans cette étude italienne, dix patients présentant une
sclérose en plaques (SEP), d'évolution transitionnelle rapide
(aggravation EDSS > 1,5 en six mois) et résistant a un
traitement d'au moins un an sous interféron, ont
bénéficié de l'adjonction d'un traitement par
cyclophosphamide à dose suffisante (500 à 1500mg/m2) pour obtenir
une lymphocytopénie comprise entre 600 et 900/mm3. L'association
cyclophosphamide et interféron béta (6 Avonex et 4
bétaféron) poursuivie 18 mois a été bien
tolérée et un effet spectaculaire a été
constaté sur la diminution du nombre de poussées
(p < 0,0001), sur l'évolution du handicap
(p < 0,0001) et sur la charge lésionnelle en IRM
pondérée T2 (p < 0,001). Malgré
les importantes limites méthodologiques de l'étude (absence
de randomisation, de groupe contrôle, absence d'aveugle), ces premiers
résultats prometteurs justifient une étude de plus grande envergure
dans ces formes de SEP caractérisées par un début
rémittent sévère évoluant très rapidement
vers une forme secondairement progressive.
Jean-Christophe Ouallet
Patti P, et al.
Combination of cyclophosphamide and interferon- halts progression in patients
with rapidly transitional multiple sclerosis.
J Neurol Neurosurg
Psychiatry 2001;71:404-7.
En pages publiques :
Les liens en neurologie |
LA MALADIE DE
CREUTZFELDT-JAKOB
La maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) est une infection humaine
neuro-dégénérative rare et fatale, décrite pour
la première fois en 1920, classée dans les encéphalopathies
spongiformes transmissibles qui peuvent toucher également le mouton,
la chèvre, la vache, le vison et le cerf, plus récemment le
chat, des animaux sauvages en captivité et le singe.
René Jarousse
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ABAISSER LA PRESSION ARTERIELLE
REDUIT LE RISQUE D'AVC MEME CHEZ LES NORMOTENDUS
Les résultats de l'étude PROGRESS (Perindopril Protection
Against Recurrent Stroke Study) ont montré les bienfaits d'un
abaissement de la pression artérielle, même en l'absence
d'hypertension. Les sujets, répartis par randomisation, ont reçu
un inhibiteur de l'enzyme de conversion: le périndopril, associé
ou non à un diurétique, l'indapamide (n = 3051).
Au cours d'un suivi de quatre ans, la baisse de la pression artérielle
a permis une réduction significative du risque de d'accident vasculaire
cérébral des sujets traités (28 %,
p < 0,0001) comparés à ceux du groupe
témoin sous placebo (n = 3054), qu'ils soient hypertendus
ou normotendus. Cette diminution du risque est apparue proportionnelle à
la baisse tensionnelle.
Henri Gracies
PROGRESS Collaborative
Study Group. Randomised trial of a perindopril-based blood-pressure-lowering
regimen among 6,105 individuals with previous stroke or transient ischemic
attack.
Lancet
2001;358:1033-41.
SLA ET HIV
La diversité des manifestations neurologiques associées ou
consécutives au VIH rend leur diagnostic difficile et pose la question
de leur imputabilité à l'exposition virale. L'une des rares
équipes française, pluridisciplinaire, aguerrie dans la prise
en charge des patients VIH, a revu l'ensemble de ses patients suivis depuis
treize ans et présentant des manifestations neurologiques et montré
que l'incidence des scléroses latérales amyotrophiques (SLA),
définies selon les critères de El Escorial, est plus
élevée que le simple hasard ne le voudrait. Les tableaux de
SLA ont été typiques chez six patients : même atteinte
motoneuronale périphérique et centrale, mêmes
caractéristiques électrophysiologiques. Cette SLA est survenue
à l'âge moyen de 34 ans chez des patients fortement
immunodéprimés avec 86,2 CD4 /mm3. Les
éléments distinctifs essentiels ont été
l'évolution rapide, mais aussi l'amélioration singulière
de ces atteintes de la corne antérieure avec une bonne réponse
au traitement antirétroviral. Les mécanismes incriminés
sont divers mais non avérés (infection neuronale, substance
virale toxique, réaction autoimmune). A contrario,
l'évolution particulière de ces syndromes pourrait en faire
un modèle quasi expérimental de SLA et remet en selle le rôle
pathogène des virus dans cette pathologie.
Michel Logak
Moulignier A, Moulonguet
A, Pialoux G, Rozenbaum W. Reversible ALS-like disorder in HIV infection.
Neurology
2001;57:945-6.
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