MediaMed



MediaMed - menu

CARDIOLOGIEMediaMed Informations en cardiologie

Coronarographie post-infarctus
Faut-il traiter uniquement la lésion causale ou toutes les lésions ?

Bookmark and Share

L’infarctus du myocarde est une pathologie fréquente dont la prise en charge repose sur un ensemble de thérapeutiques ; la coronarographie y tient une place essentielle.

Les patients victimes d’un infarctus du myocarde (IDM), pouvant être compliqué d’un choc cardiogénique, ont, le plus souvent, des lésions diffuses des artères coronaires (plaques d’athérome localisées sur toutes les artères). Le traitement par stent de la lésion coupable de l’IDM est indispensable mais, en situation aiguë, les données concernant l’intérêt de la revascularisation des autres lésions mises en évidence lors du bilan d’exploration demeurent contradictoires.


Crédit image : Koronarangiographie - Wikipedia.


Dans le cadre de ce travail, publié le 1er novembre 2018 dans le New England Journal of Medicine, les auteurs ont confronté, un an après, les résultats de la revascularisation de la seule lésion coupable de l’IDM et ceux d'une revascularisation de plusieurs lésions [1].

Les premiers résultats concernant le critère de jugement principal (CJP : critère composite associant décès toutes causes confondues et insuffisance rénale aiguë trente jours après la prise en charge) de cette étude multicentrique (CULPRIT-SHOCK trial), en ouvert avec répartition au hasard [2], analysant les données de 706 patients en choc cardiogénique sériés en deux groupes, ont déjà été publiés [3].
Les critères retenus, un an après la coronarographie, ont été : le décès toutes causes confondues, les récidives d’IDM, l’épuration extra-rénale, les récidives de procédures de revascularisation et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque congestive.

Un an après, pas de différence de mortalité

Les résultats au trentième jour (publiés antérieurement) avaient montré une différence significative concernant le CJP en faveur du traitement d’une lésion unique (incidence du CJP de 45,9 % dans le groupe traitement lésion unique versus 55,4 % dans le groupe traitement lésions multiples ; soit un risque relatif [RR] = 0,83 avec un intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,71-0,96 ; p = 0,01).

Un an après, il n’a pas été observé de différence significative concernant la mortalité toutes causes confondues (incidence de 50,0 % dans le groupe traitement lésion unique versus 56,9 % dans le groupe traitement lésions multiples ; soit RR = 0,88 avec IC : 0,76-1,01).
Les résultats concernant chaque critère analysé (critères cités précédemment) n’ont pas objectivé de différence significative entre les groupes, à l’exception d’un risque augmenté de réhospitalisation pour insuffisance cardiaque congestive (5,2 % dans le groupe traitement lésion unique versus 1,2 % dans le groupe traitement lésions multiples ; soit RR = 4,46 avec IC : 1,53-13,04) et d’une nécessité de reprise pour revascularisation à distance plus fréquente (32,3 % dans le groupe traitement lésion unique versus 9,4 % dans le groupe traitement lésions multiples ; RR = 3,44 avec IC : 2,39-4,95).

Bien que ces résultats ne soient pas significatifs concernant la mortalité toutes causes confondues à un an, il semble se dégager une tendance vers un traitement de la lésion coupable de l’infarctus du myocarde, uniquement. De nouvelles études, comportant une analyse du CJP analysé à un an, pourraient permettre de répondre à cette question avec plus de certitude.

Paul Desforges
15 06 2019

Sources


Les pages professionnelles MediaMed Pages Professionnelles
Informations santé
Informations public